=> extrait – partie 1 / chapitre 1

Posté par plgphilippeloiseaughezzo le 15 août 2012

 

Première partie 

 

Déchéance

 

 D 1

 

B aime Héléna, non, ça ne veut rien dire, impossible.

B M L N A ?

Aucun code ne fonctionne, ni sur les jours et dates, ni sur les heures, ni sur les initiales de chacune de ces villes !

18 mai 2017, 13h24, Blagnac.

25 mai 2017, 15h47, Montpellier.

1er juin 2017, 11h18, Lille.

8 juin 2017, 12h54, Nantes.

15 juin 2017, 14h31, Avignon, aujourd’hui.

Les deux flics de quartier seront les premiers à arriver sur place.

Il fait lourd dans la ville fortifiée, les perles de sueur inondent leurs têtes et leurs cous, ça coule le long de la colonne et ça se termine …

L’inspecteur Frédéric Bocil et son adjoint Luc Carliacq osent espérer qu’il ne s’agit que d’un canular, pourtant le peu de ce qui a été décrit au téléphone par la femme de ménage semble sans équivoque, c’est encore lui, ce sera la cinquième fois.

Sale journée qui s’annonce là !

Leurs pas résonnent dans certaines des petites rues qu’ils empruntent, ils ne croisent pas grand’monde, faut dire que c’est plutôt résidentiel dans ce coin là.

Ils essayent de marcher à l’ombre pour éviter le soleil trop brûlant mais sans aucun pet d’air leur marathon se transforme en calvaire.

Depuis quelques minutes ils n’échangent plus aucun mot, leurs regards croisés suffisent à faire monter leur stress, ils sont tout proche.

Ils commencent à sentir l’humidité du Rhône, la rue du Petit Amouyer n’est plus qu’à quelques centaines de mètres, un coup à droite, puis un gauche droite et ils y seront, les voitures sur le boulevard du Rempart Saint-Lazare se font entendre au dessus des habitations.

Ah, après le dernier coude ils aperçoivent la jeune femme, dans cette atmosphère surchauffée elle est blanche comme un linge.

On ne sait plus si c’est le mur qui la retient ou l’inverse, bien qu’au bord des crampes nos deux compères se mettent à courir.

Désespérément.

De toutes façons il est déjà trop tard, mais ils ne peuvent la laisser comme ça, elle fait peur à voir.

Après quelques mots, Luc reste auprès de Marguerite, Frédéric lève les yeux vers la maison, la peur l’envahit peu à peu, ce n’est pourtant plus un bleu en matière de crimes, mais il pressent l’inimaginable …

Malgré la traversée d’un quart de la ville, il n’a plus le choix, il est le premier sur les lieux et doit donc ouvrir le bal.

Une fois franchis le perron, l’entrée, l’escalier jusqu’au premier étage, il reste figé dans l’encadrement de la porte de la plus grande chambre.

Il regrette d’avoir déjeuné trop copieusement et dévale les marches trois par trois, il court dans le couloir et saute presque jusque dans la pelouse pour y éjecter son repas qui a maintenant goût de bile …

Il crie, pleure et tape du poing.

Ses soubresauts ne s’en arrêtent pas pour autant.

La pauvre Marguerite s’évanouit et Luc a tout juste le temps de la déposer sur l’herbe tendre.

Il regarde son collègue éberlué et n’ose plus bouger, il est sauvé par les sirènes des renforts, Frédéric a eu le temps de les alerter.

Quelques dix minutes plus tard c’est au tour des trois gendarmes et des deux autres inspecteurs dela Crim’ de ressortir pour vomir trippes et boyaux, après avoir vu l’abominable étal, là-haut …

Bien qu’immonde, la scène est bien réelle, la pauvre femme est sans vie.

Christina Quiermansionni, 43 ans, chirurgienne au CHU, mariée et mère de deux jolies petites filles, est une de ses victimes, c’est certain.

Les services se succèdent dans la maison, le ciel est chargé de sombres nuages, les gyrophares illuminent les façades de la petite rue.

En quelques heures les militaires ont établi un périmètre infranchissable de 50 kilomètres autour de la ville, des commandos spéciaux fouillent toutes les villes tandis que les pompiers et les ambulanciers réquisitionnés contrôlent tous les moyens de transport.

L’étau se resserre peu à peu.

On n’avait pas vu d’action d’une telle envergure depuis … fin 2012 !

La France est en état de siège, et malgré l’alerte nationale lancée il y a deux semaines et mobilisant toutes les forces armées du pays, la série continue, le tueur X vient de frapper encore, pour la cinquième fois.

Les jeudis sont maudits et deviennent la pire des hantises de toute la gente policière à qui est revenu à chaque fois le soin de découvrir les corps.

5 meurtres particulièrement abominables en 5 semaines !

Le mode opératoire est identique en tous points, les croix de sang sont sa signature et leur nombre est toujours le même.

Effarant.

Ignoble et abjecte.

Et c’est peu dire, ce n’est que le troisième légiste qui réussit à rester auprès du cadavre et à procéder à son minutieux examen.

Ses conclusions sont irrévocables, son rapport est transmis dare-dare à Paris, l’onde de choc est immédiate.

Tous les représentants et défenseurs de l’Ordre de France et de Navarre reçoivent l’affreuse nouvelle.

Le désespoir monte encore une marche. Jusqu’où ?

Aucun lien ne relie les victimes entre elles, le choix des villes, si c’en est un, semble aléatoire, seule la régularité du jour est constante.

Serions-nous condamnés à ne vivre que de tristes et sombres jeudis ?

Pourquoi et comment ce tueur X agit-il ainsi ?

Tout le monde pensait bien que la science et la médecine avaient réussi à éradiquer les meurtriers en série de la surface du globe et ce, depuis deux longues années de réjouissance.

Et pourtant ça recommence, chez nous, en France !

L’impensable reprend vie dans tous les esprits.

Du moins pour tous ceux qui travaillent dans l’ensemble des services gouvernementaux, le grand public n’en est pas alarmé parce que les médias sont muselés, sourds et aveugles, depuis leurs éclats et débordements de décembre 2012 où ils avaient rivalisés les uns avec les autres pour créer et entretenir la plus grande panique humaine en vue de la fin du monde prophétisée !

Après un mois épouvantable parsemé de vagues de suicides, de vols et de crimes gratuits, les états décrétaient l’état d’urgence et toutes les forces policières et militaires avaient enfin réussi à redresser la situation.

Sans coup de pouce politique, ce sont les citoyens qui se mirent à boycotter l’ensemble des médias, quels qu’ils soient.

Ce fut leur plus grande leçon, aujourd’hui il ne subsiste plus que quelques revues techniques, scientifiques et médicales, ainsi que quelques radios libres qui ne diffusent que de la musique. Internet a repris du poil de la bête, les seules informations diffusées proviennent des gouvernements, quant ils veulent bien en donner.

Dans l’immédiat, toutes les forces armées du pays et de nos alliés sont sur le qui-vive, les instances concernées se battent en ingéniosité pour essayer de résoudre cette affaire, pourtant le mystère grandit.

Inexorablement.

Et ce n’est pourtant pas faute de moyens mis en œuvre !

Tous les chefs d’états européens se sont jetés dans la bataille.

Tous les plus grands de chaque service sont venus renforcer nos rangs, les meilleurs d’entre tous planchent sans relâche sur le sujet.

Même les meilleurs chasseurs et traqueurs de nombreux services souterrains sont venus se joindre à cette vaste chasse à l’homme.

Si toutefois il peut encore porter ce nom …

Les experts les plus aguerris et de tous poils sillonnentla France, et pourtant le tueur X continue d’agir, apparemment sans être inquiété.

Il tue pour le plaisir, sans raison évidente.

Son but reste insondable, aucune hypothèse n’est rejetée mais aucune ne tient le coup, c’est une véritable énigme.

Pour tout le monde, sauf peut-être pour lui-même, et encore ?

Chaque jeudi, une femme.

C’est tout !

Les rapports s’amoncèlent tandis qu’aucun indice ne surgit.

Pas une trace, même pas un embryon d’empreinte, aucun témoin, aucun fait particulier ou anodin, des milliers de séquences de caméra sont visionnés et analysés mais c’est encore pire que chercher une aiguille dans une botte de foin, c’est un grain de sel jeté en pleine mer, et à peine apparu il s’y dissout et disparaît, à chaque fois sans laisser aucun espoir.

Les scènes de crime ne sont que désolation, dégoût et haine.

En plus, quelques uns se sont suicidés et d’autres sont sous suivi psy’, l’homme n’est qu’un loup pour ses congénères ?

Mais que dire et penser de celui-ci ?

On n’apprend pas à faire face à ce genre de dément à l’école, ni en stage ou en formation malgré toutes les spécialisations possibles.

Il faudrait presque imaginer dénicher un tueur encore plus dingue pour mettre la main sur X !

Jusqu’où faudrait-il pousser la nature humaine pour combattre ce genre d’individu ?

N’y a-t-il donc aucune mesure qui puisse les empêcher d’agir de la sorte, faut-il donc se résoudre à contrôler en permanence tous les êtres humains pour supprimer tout passage à l’acte ?

C’est impossible. Voyons !

Nous devons trouver soit un loup bien plus féroce soit un loup trop jeune qui saura peut-être l’attendrir et le piéger !

Nous devons sortir de ces rêves et spéculations, bon sang.

Il faut que quelqu’un se réveille, de toute urgence …

 

Copyright © 00050212-3 “D 2R” – PLG 05/03/2012

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