=> extrait – partie 1 / chapitre 1.1

Posté par plgphilippeloiseaughezzo le 25 juillet 2012

 

Première partie

  

Mise en place

 

Chapitre 1.1

 

Mercredi 12 septembre 2018, 5 heures du matin.

Des réveils sonnent dans les chambres 47 et 48 de l’Amandier, un petit hôtel situé avenue Pablo Picasso à Nanterre, dans les Hauts de Seine.

Malgré les orages violents et la pluie qui est tombée toute la nuit, les occupants de ces deux chambres ont dormi comme des pierres, sans interruption ! Ils ont profité plein pot du confort des lits pendant que d’autres les auraient trouvé un peu durs, mais pour eux c’était top.

Les 4 slovaques se sont divisés en deux paires, Ondrej et Marek d’un côté, Jaro et Yunus de l’autre, même séparés ils se sont rappelés de certaines nuits dans les baraquements militaires sauf que là-bas la température extérieure était à vingt degrés en dessous de zéro, tout était en bois, mal peint et triste.

Ici, même si les tissus et tableaux fleuris ne sont pas à leurs goûts, c’est lumineux et propre, et luxe de folie la douche et le wc sont dans la chambre.

Enfin, la cerise sur le gâteau, ils ne sont que deux par deux, ça change de la douzaine d’hirsutes mal embouchés qui occupaient chaque dortoir.

Tout sent bon, même eux, ils sont douchés et habillés chaudement, bien qu’apparemment la journée promette d’être belle, selon la météo.

Il n’est que 5h28 et comme il n’y a pas de détecteurs de fumée, chaque chambrée est occupée à terminer les grands cafés qu’ils se sont faits avec les premières cigarettes, les meilleures. Chacun relie une fois de plus le planning où toutes leurs actions à venir sont très précisément définies et minutées.

Chaque rôle est décrit, ils s’y tiendront parfaitement pour mener à bien cette importante mission.

C’est pour leur discipline et leurs talents qu’ils ont été choisis.

Même s’ils ne sont plus des militaires depuis quelques années, leurs réputations sont fiables et sérieuses, ils seront les meilleurs.

Hormis les fortes rémunérations qui sont à la clef, c’est aussi par le fait de travailler sous les ordres des deux frères Ladislav et Vilèm qu’ils ont accepté ce job ! Pour eux c’est un honneur de faire équipe avec les frangins qui sont sacrément reconnus sur le marché.

Ce sont des maîtres qui ont transformé toutes leurs opérations en véritables coups d’éclat, où minutie et perfection sont omniprésentes, aucune erreur, tolérance zéro.

Aucune impossibilité, l’argent permet beaucoup de choses, aucune traîtrise, ils s’entourent toujours des éléments les meilleurs selon leurs besoins et seulement sur recommandations !

Et puis entre soldats il ne peut y avoir de concurrence, seule la confiance existe, elle est leur seul lien véritable et la trahir mène à la mort.

Sans détour et sans pardon.

5h40, tout est rangé et les sacs sont refermés.

Leurs pare-balles ne se voient plus sous leurs épaisses parkas noires, les flingues ont été vérifiés et mis à leur place, chaque groupe est planté devant sa porte, ils regardent leurs montres … Une petite minute à attendre.

Aucune main ne tremble, aucune parole n’est échangée, la concentration est maximale, le silence est absolu.

L’hôtel est désert à cette heure, personne ne peut soupçonner ce qui est sur le point de se préparer.

Tout a été prévu jusque dans les moindres détails, les secondes finissent de passer.

5h45 les portes s’ouvrent et les 4 hommes empruntent le couloir en file indienne à pas de velours, ils ne font pas plus de bruit dans l’escalier de secours, ni en passant l’entrée où personne ne les attend, les notes ont été réglées la veille.

Ils sortent dans l’avenue et partent à droite sans même jeter un œil en face où le parc André Malraux est plongé dans le silence matinal, les rares pépiements des oiseaux n’annoncent pas encore la levée du jour, il n’y a pas âme qui vive sur les trottoirs ni sur les routes.

Le roulement lointain qu’ils perçoivent indique pourtant les débuts de la circulation de tous les travailleurs qui filent vers la Défense, ils se mêleront à eux plus tard.

Ils marchent tranquillement dans l’avenue de la Liberté et font les trois cents mètres qui les séparent de leur véhicule. Une fois le bip d’ouverture enclenché, chacun range son sac dans le coffre et prend sa place dans l’énorme 4×4. Ils ne se parlent pas, ils ressemblent presqu’à des machines tellement leurs gestes s’enchaînent de façon régulière et mécanique.

5h57, ils sont assis et les portes sont verrouillées, sans un mot ils restent totalement immobiles comme des statues de cire, les paupières baissées.

Un piéton qui passerait ne remarquerait sans doute pas leur présence et même dans le cas contraire il penserait faire un rêve éveillé où il aurait par inadvertance appuyé sur la pause de sa télécommande !

Ils sont habitués au calme avant la tempête, ils comptent mentalement les secondes qui s’échappent et chacun laisse libre cours à ses pensées mais elles ne consistent qu’à récapituler encore et encore le timing de ce qu’ils vont entreprendre.

Le silence n’est même pas troublé de leurs lentes respirations.

Ondrej est au volant, Marek à sa droite, Jaro juste derrière et Yunus occupe la dernière place libre. Pas un orteil ne bouge au fond des rangers, pas un doigt non plus dans les gants, aucune impatience ni nervosité, tout est si calme …

Aucun des quatre ne songe ne serait-ce qu’une seconde à leur Slovaquie qui est si loin d’eux, depuis si longtemps. D’abord individuellement puis par groupe de deux, ils ont sillonné tous les pays, rempli toutes sortes de missions, tantôt officielles et tantôt plus officieuses, sans jamais faillir.

Cela allait faire dix ans que les contrats se succédaient, sans de réelles surprises jusqu’à il y a maintenant deux mois où sans le savoir les deux paires allaient se retrouver à Berlin, un quatorze juillet !

Ondrej et Marek furent conviés par Ladislav à ce rendez-vous pendant que Vilèm en faisait de même avec Jaro et Yunus.

Les premiers revinrent du Caire, les autres de Saint Petersbourg.

Quand ils se retrouvèrent tous les six dans un des superbes salons privés d’un très grand palace, ils ne se connaissaient que de réputation sans jamais s’être croisés, d’emblée le respect fut présent et intense.

Vilèm présentait l’opération en terme de cible et de but à atteindre tandis que Laroslav exposait les parties plus techniques et les préparations à mettre en place.

En plus d’eux six, deux autres groupes se joindraient à la mission, les deux frères allaient les rencontrer les jours suivants dans d’autres villes.

Dans l’immédiat, toutes les conditions furent listées, les quatre invités ne posèrent quasiment pas de questions et au bout de cinq heures l’affaire était claire, précise et conclue.

Ils dinèrent à l’heure du goûter et se retrouveraient le lendemain à 15 heures pour la transmission des documents en tous genres nécessaires à finaliser les derniers détails.

Contrairement à leurs habitudes, chaque paire allait prendre des vacances pour se préparer physiquement et mentalement pendant huit semaines.

Ondrej et Marek partaient pour la Sicile, Jaro et Yunus pour Ibiza.

Dispersion. Discrétion.

Vilèm ne les recontacterait que quelques jours avant pour un dernier rd-vs pour se retrouver ensuite tous ensemble en France.

De petites villas sans prétention étaient mises à leur disposition, leurs futures armes s’y trouvaient, et à leur arrivée à l’aéroport une voiture n’attendait plus qu’eux.

Tout était parfaitement pensé, il n’y avait plus qu’à …

Trois groupes se mirent au soleil dans des villes européennes, un peu à l’écart des estivants, pendant qu’un quatrième prenait ses quartiers dans un chalet de montagne à l’écart du centre ville de Samoëns.

Les deux frères firent plusieurs allers et retours à Moscou, Sofia et Bratislava où ils y retrouvèrent des émissaires de leur commanditaire, pour eux aussi parfaire toute l’opération et le tenir informé de la bonne mise en place des différentes équipes.

Laroslav et Vilèm passèrent ensuite cinq semaines dans un petit village à côté d’Oslo où ils détaillèrent leur plan afin de parer à toutes éventualités et pour se remettre en forme bien qu’ils n’en aient pas vraiment besoin.

Dans les cinq villas, les jours passaient et les hommes s’affutaient à leurs disciplines et talents particuliers. Sur leurs feuilles de route les lignes se barraient au fil du temps, les préparatifs furent terminés pour la date prévue sans aucun retard.

Leur dernier rendez-vous avant le point de chute final se déroula sous une pluie incessante dans une grande propriété à une vingtaine de kilomètres de Belfast. Pendant une semaine ils répétèrent ensemble le plan, peaufinèrent encore quelques menus détails jusqu’à ce que tout soit parfait.

Les groupes formaient maintenant un véritable commando où chacun avait sa place propre et en même temps dépendait de deux autres membres.

Un peu comme pour un moteur qui devrait parfaitement fonctionner, et où chaque élément le composant était interchangeable.

Simple et efficace.

Par petits groupes ils repartirent vers plusieurs aéroports et pour être sûrs de brouiller les pistes, juste au cas où, du dimanche au mardi avant le jour J ils allaient se déplacer dans plusieurs grandes villes et y séjourner quelques heures. Le mardi matin, Ondrej et Marek débarquèrent à Paris-Orly, et un peu après midi ce furent Jaro et Yunus qui arrivèrent à Paris-Charles de Gaulle, presqu’en même temps que Laroslav et Vilèm qui sortaient de leur TGV en provenance de Lyon après avoir atterri à Saint-Exupéry.

Chacune de ces trois paires se rendit sans hâte à son hôtel, la première en voiture et les deux autres par les transports en commun. Quelques sms furent échangés pour signaler leurs positions et les mises en place une fois effectives. Le mardi 11 septembre, sans un fait exprès pour le choix de cette date un peu particulière, à 18 heures précises, toutes les équipes étaient prêtes et en attente du lendemain …

Le jour J tant attendu …

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